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TAZ - bar (un bar à vocation associative)

jeudi 10 août 2006, par Pascal Depienne

Dans le genre projet personnel, j’ai créé un petit bar l’année dernière avec un collègue chinois dans l’enceinte de l’université ou j’enseigne.Nous y avons tout fait nous-même : peinture, bricolages en tout genre, retapé un vieux bar (utilisé pour vendre du barbecue dehors) qui se trouve aujourd’hui dans le futur bar d’un ami. Pour ceux dont c’est le rêve, et bien sachez qu’ici j’ai juste eu besoin de louer un endroit, de trouver un fournisseur et de m’équiper... le but de ce bar était de fournir un lieu de liberté (c’est tout de même possible par ici encore) et de convivialité accessible à tous. TAZ, voir le livre d’Hakim Bey (section littérature), Temporary Autonomous Zone, était situé à l’interieur d’un village-marché ou régnait une atmosphère de la Chine d’hier...


Zeros bénéfices y ont été fait (j’avais tout de même mon salaire de professeur, ce n’est donc pas du tout pour ça que je l’ai fait), c’était pour ainsi dire un bar associatif, son existence ne tenait qu’aux visites régulières des clients fidèles, les copains d’abord. J’y ai fait des rencontres fort intéressantes et ai pu constaté que cela avait véritablement donné un sens à mon aventure chinoise même si l’on ne pet pas dire que ce fut un succès à tous les niveaux...


En effet, les étudiants chinois sont prisonniers physiquement et mentalement, on les enferme dans leurs dortoirs le soir avant 23h, on s’assure qu’ils sont bien occupés (+ de 40 heures de cours par semaine pour certains). De plus, il faut bien se dire que l’information ici est entièrement contrôlée ce qui produit des générations de jeunes gens ignorants malgré leurs diplômes. Beaucoup pensent encore que l’eau pure est une ressource renouvelable et qu’elle tombera indéfiniment des montagnes, si vous ne jetez pas vos cigarettes par terre mais que vous la gardez pour la mettre à la poubelle, ils trouveront ça vraiment curieux. Ca vous rappelle pas quelquechose ? De plus, l’étudiant chinois de base ne bois ni ne fumes, ou en cachette... (très infantilisés)

Les professeurs eux, qui sont plus friqués (ça dépend un peu de leurs relations), ont tendances à jouer les beaufs et aller dans les clubs de temsp en temps en achetant une bouteille d’alcool chère pour se la péter. Sans oublier les cigarettes hors de pris. Si tout cela vous semble manquer de subtilité, et bien c’est un peu le problème des villes de la Chine profonde (corruption, pollution, gangsters et compagnie). Encore une fois, ce ne sont que des généralités, il y a des gens et des destins exceptionnels ici aussi (exceptionnel n’est pas opposé à simple ici, au contraire).

L’endroit a traversé les quatres saisons jusqu’à que Mère Chine décide d’exproprier tout le beau monde du village et de remplacer le bon vieux marché et ses bouibouis fort agréables par un très probable supermarché. Ces bouibouis et le marché etait notre quotidien à nous les fidèles de Dong Po Cun (Dong Po village), de la vie communautaire et de la consommation locale. Cette fois-ci, ce n’est pas le vent, c’est la pourriture qui l’emportera....

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