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La culture de la terre en synergie

jeudi 19 avril 2007, par Pascal Depienne

La culture de la terre en synergie

par Kali De Keyser (dans le "Memento du jardinier bio" 1997 de Nature et Progrès, p. 10 et 11)

L’agriculture naturelle ou synergétique trouve ses bases dans les recherches de Masanobu Fukuoka, microbiologiste et agriculteur japonais, dont le travail a été adapté au climat tempéré par [*Marc Bonfils*] et [*Emilia Hazelip*].
La synergie, c’est l’action simultanée d’éléments indépendants (les plantes, les micro-organismes, la faune et la flore du sol, l’humus ... ) qui, ensemble, ont un effet plus grand que la somme de leurs parties.
Dans ce système agricole, on cultive les plantes dans un sol sauvage qui s’auto-fertilise perpétuellement et se travaille de lui-même. Il n’y a donc pas de travail du sol, ni de labour : c’est la faune du sol qui le travaille, les lombrics entre autres. On permet aux cycles biochimiques du sol ainsi qu’aux mycorhizes des plantes de se produire sans être perturbés par une aération excessive ou par un engraissage malvenu. Aussi les apports en fumier, compost, ou tout autre engrais même biologique, ne sont plus nécessaires puisque la cause principale de destruction de l’humus et de sa faune productrice, à savoir le travail du sol, est abandonnée.
Dans la nature, le sol est toujours couvert de végétation, vivante ou morte. De même, en agriculture synergétique, on protège le sol contre l’érosion par le vent, par la pluie, contre le dessèchement par le soleil et contre l’envahissement par les herbes indésirables, grâce à un mulch qu’il soit de paille, de foin sans semences, de laine, de carton, de broyat de broussaille ... ou même de trèfle rampant. Cette couverture du sol va se décomposer par l’intervention des micro- et macro-organismes qui vivent en quantités innombrables dans un sol non perturbé et vont ainsi créer l’humus microbien puis l’humus stable, base de la fertilité des sols. On parle de compostage en surface et sur place.
Pour semer et pour éclaircir, on écartera ce mulch pour le remettre par après. Une grande diversité de plantes (légumes, fleurs compagnes, plantes aromatiques, ... ) sont cultivées en association et en rotation. Rien n’est jamais enfoui. Les plantes se décomposent là où elles ont vécu. Plus il y a de plantes et plus elles sont diversifiées et mélangées, plus le sol est vivant et se nourrit de lui-même.
Le désherbage des plantes indésirables se fait à la main par arrachage (le plus tôt possible). On les ajoute à la couche de mulch sauf quand elles sont en graines. La présence de ces herbes diminue d’année en année car c’est le travail du sol qui fait remonter les graines en surface là où elles vont germer.

2Pour débuter un jardin en synergie2

On peut procéder de différentes manières : s’il y a une végétation existante, on garde les espèces qui vont avoir une utilité dans notre sytème et on remplace, soit par un travail du sol (le demier et le plus superficiel possible), soit en faisant intervenir des animaux (poules, cochons), soit en recouvrant le sol avec des cartons ou des tapis.
[*Emilia Hazelip propose d’aménager le jardin selon la technique des plates-bandes surélevées*]. Ces plates-bandes de la hauteur de la couche humifère (plus elles sont hautes, plus les plantes peuvent y enfouir leurs racines profondément) et d’une largeur telle que l’on peut facilement en atteindre le centre (1,20 m), seront installées une fois pour toutes. Comme on marche sur les chemins et plus jamais sur les plates-bandes, le sol ne se compacte pas et reste bien aéré.
Par contre, dans d’autres jardins, les cultures sont au niveau des sentiers. Pour une grande superficie, il n’y a même plus distinction entre plate-bande et sentier. Chacun peut adapter la méthode selon le sol, le climat, les dimensions du terrain et ses propres besoins.

L’agriculture synergétique s’intègre dans la conception écologique des espaces semi-naturels et cultivés qu’est la permaculture.

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